Le livre

Merveilleux Abandon

Nous portons tous, en nous, une part niée. Une part que la vie a recouverte, lentement, sûrement, pour satisfaire les attentes d’une famille, d’un milieu, d’une époque. Ce bout de nous qui se tait, qui attend, qui résiste a besoin de nous pour renaître.

Récit d’une expérience humaine et universelle · Éditions Jouvence · 2026 · Illustrations de Zoé Le Gavrian

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Couverture du livre Merveilleux Abandon, d’Armelle de Thé

Le récit

Redonner une voix à celle que j’étais avant d’avoir un nom

Pour moi, cet effacement a eu lieu le 27 juin 1967, sur une table de maternité. Ce fut radical, concret, impossible à ignorer. Parce que rien ne disparaît et que toutes nos expériences s’enracinent en nous, j’ai voulu redonner une voix à celle que j’avais été avant d’avoir un nom : l’enfant née sous X et que personne n’avait voulu entendre, le fœtus nié, le bébé oublié dans un orphelinat.

Au fil des années et des rencontres, j’ai compris une chose : la blessure d’abandon, chacun la connaît. Pas forcément à la naissance. Parfois c’est un deuil qui fait s’effondrer ce qu’on croyait solide, une séparation qui remet tout en question, un licenciement qui brise ce qu’on avait construit. Et sous ce poids, toujours, la même interrogation : qui suis-je, maintenant que je ne suis plus ce que j’étais ?

Merveilleux Abandon déroule ce chemin de retour qu’il m’a fallu parcourir pour renouer avec ce moi oublié.

La vie m’avait abandonnée à la naissance. Aujourd’hui, je m’abandonne à elle.

Extraits

Les bonnes pages

Quatre moments du livre, de la première page à la dernière.

Pur esprit

Impalpable, sibylline, énigmatique pour les humains qui me classent dans la catégorie des hypothèses, je suis l’anti-matière par excellence. Sans mains, sans bouche, incapable de bouger ou de sentir la moindre odeur, je n’ai pas de poids. Pourtant, quelque chose en moi veut mordre dans une pomme, entendre une porte claquer, sentir le froid d’un carrelage sous des pieds nus.

L’incipit : l’âme qui veut venir au monde

Rencontre

Sourde et métallique, une seconde aura suffi, la porte s’ouvre, une femme vêtue de cuir se tient dans l’embrasure. « Vous parler du bébé que vous avez mis au monde le 27 juin 1967. » […] « La petite Martine ? » […] « Oui, c’est moi. » Ma mère biologique est livide, qu’en est-il de moi ? […] Nos traits sont le reflet de notre intériorité et notre visage celui de notre identité. Tous, nous avançons masqués.

Le jour où j’ai sonné chez ma mère de naissance

Trou noir

— Si vous ne réglez pas ça très vite, la colère que vous cherchez à contenir va sortir sans crier gare. Et je crains qu’elle ne se tourne vers vos enfants. Leur donner ce qu’on n’a pas eu est le « truc » le plus dur. Faites un pas vers votre bébé intérieur, cette petite Martine qui est toujours là, croyez-moi, ça peut tout changer !

Chez le thérapeute, trois ans après la rencontre

Née de deux mères

J’aimerais que ma pièce d’identité expose la stricte vérité de mon parcours identitaire. Il n’y a pas de honte à être née de deux mères ! 27 juin 1967 : naissance de Martine, Patricia, Dominique Bellanger ; adoptée par jugement le 28 décembre 1967 par Jehan et Suzanne de Thé, renommée Marie Armelle Noël Élisabeth de Thé.

La fin du chemin

Trois parties

Un chemin en trois temps

  1. GenèseDu pur esprit au nourrisson : la grossesse cachée, la naissance, l’orphelinat, les visages qui passent, jusqu’au nouveau prénom.
  2. Une familleL’adoption, l’adolescence, le mariage, puis Juanita, la rencontre et le prix à payer.
  3. Une réunificationSuzanne, le corps, Madame Langer, le lion : le chemin de retour vers soi, née de deux mères.

Les illustrations

Les dessins de Zoé

Ma fille Zoé a illustré Merveilleux Abandon au crayon à papier. Elle a pu ainsi donner une forme visuelle à un récit qui a toujours fait partie de sa vie. Zoé ne décore pas le texte, elle le traduit. Ce que je n’ai pas su dire avec des mots, elle l’a dessiné.

Solitude, illustration de Zoé Le Gavrian pour Merveilleux Abandon
« Solitude », Zoé Le Gavrian

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